J’ai perdu mes cheveux…par Geneviève Gagné

N’est-ce pas un symbole fort ?

Je ne suis pas en train de vous annoncer que je suis malade… En fait, oui ! Mon cœur est malade… Malade de voir mon père malade !44859905_2019766594733172_6371686156593004544_n

Il y a bientôt quatre mois, mon père commençait à ressentir de l’inconfort. Nous venions de terminer un gros Festival dans notre région et depuis quelques années, je me permets un retour aux sources, en dormant chez mes parents. Même si je demeure à 20 minutes, je préfère dormir chez eux puisque les spectacles finissent tard et ça limite les risques reliés à être sur la route tard la nuit… ou tôt le matin 😉. Je me disais que je devrais le faire plus souvent, un 24, 48… 72 heures avec mes parents. Le temps file ! Il faut prendre un moment pour s’arrêter.

Mon père en bonne tête de cochon que je suis… je lui ressemble énormément et ce sur plusieurs points.

Toujours est-il, qu’il avait décidé de déplacer une truie en fonte (poêle à bois) seul. Il l’a fait ! Peu de temps après, il a commencé à ressentir de la douleur dans l’abdomen. Il me raconte ce qui s’est passé et moi, je l’informe qu’il devrait aller consulter. Ce que l’on peut prendre pour des problèmes de digestion peut se révéler être un infarctus. Il en a déjà deux consécutifs à son actif. Comme je connais mon père (il est un anti-hôpital, anti-médicament) j’ajoute un argument massue, j’ai eu une prémonition, quelques jours auparavant. Rien de beau. Je ne pouvais pas voir le mal qui l’affligeait. Mais, il était malade.

 

Dieu merci ! Il m’a écouté. Toutefois, la douleur était tellement forte et vive qu’il n’aurait pas passé une 2e nuit ainsi. Ses intestins ont littéralement cessé de fonctionner.

S’en suivi plusieurs séries de tests… Et l’épée de Damoclès tomba : Cancer des reins avec métastases aux poumons. Comble de malheur, le cancer des reins, comme celui du pancréas, lorsqu’on le découvre, il est trop tard !

Qu’à celle ne tienne, mon père a un moral d’acier, Il va s’en sortir ! Il sera le premier à en guérir. Nous, autour de lui, un peu plus lucides, savons qu’il ne guérira pas, les métastases sont trop nombreuses au niveau de ses poumons. Mais, hors de question de lui pêter sa bulle ! Pour les raisons énumérées plus tôt, j’avais eu peur qu’il refuse les traitements.

Parlons de ses traitements. Il reçoit de l’immunothérapie*.

Dès lors, j’aurais dû réagir. Chercher plus loin. M’informer. Mais, ma grande naïveté aura eu le dessus.

Le 22 septembre, je perdis mes illusions.

Mon père est hospitalisé. Depuis 3 semaines, sa santé se dirige dans une immense falaise nous entrainant dans son tourbillon…

Son état est inquiétant.

« S’il passe la nuit… » (paroles du médecin de garde) Je craque !

Non ! Non ! Non ! C’est impossible ! Ça va beaucoup trop vite…

Crise de panique, je ne respire plus ! Je me noie… Comme lui, j’ai l’impression que du liquide inonde mes poumons. Je hoquette, je tremble. Je dois me faire violence, prendre mes pompes et essayer de me calmer afin d’expliquer à mes enfants, devant moi – inquiets, ce qui se passe.

CANCER généralisé stade 4

La nuit sera longue. Nous n’avons comme seule option de lui envoyer des ondes. Il peine tellement à respirer qu’il ne veut personne avec lui. Il a l’impression que ces personnes lui volent SON air.

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Le papa de Geneviève…

Dimanche matin.

L’appel tant redouté n’est pas venu. Soulagement !

Un pseudo miracle est arrivé. Mon petit papa d’amour à suffisamment repris des forces pour qu’ils puissent le transporter à l’hôpital régional et lui poser un cathéter (pleuvex) qui permet de drainer son poumon. Au moment de l’installation, ils ont retiré 1,8 litre de ce fameux liquide rouge vin de son poumon droit. La semaine dernière, pas une seule goutte !

Il remonte la pente. Il reprend des couleurs.

Depuis le début, je me sens impuissante !

Je vais le voir le plus souvent que je peux, je leur prépare des bons petits plats. Par chance, il a encore un bon appétit.

Le mercredi 10 octobre, j’ai eu une révélation :

Je vais faire, de nouveau, le Défi Têtes à Prix, pour mon père. De nouveau puisque je l’avais fait en 2013. Pourtant, tous les signes étaient là : 13e édition, samedi le 13 à 13h.**

 

Ma sœur m’a suivi dans cette douce folie.

En 3 jours, nous avons amassé respectivement 510$

La journée du 13 octobre fut chargée en émotions, mes parents étaient là. Ma sœur, toujours aussi rayonnante, fit 185 km de route pour venir se faire raser et elle les refit aussitôt l’événement terminé. J’ai rendu hommage à mon père. Il fit un témoignage spontané (notre plus grande surprise)

Je ne peux pas lui enlever sa maladie, ni la prendre pour moi (je n’en veux pas) mais je peux être solidaire !

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Je me sens moins impuissante !

C’est un total de 21 735$ qui a été amassé.

J’ai perdu mes cheveux.

*« Il faut savoir que le traitement d’immunothérapie est offert en deuxième et même en troisième ligne lorsqu’un traitement comme la chimiothérapie n’a pas fonctionné par exemple. L’immunothérapie est souvent offerte dans des stades très avancés de cancer métastatique pour amener confort au patient et diminuer les symptômes de la maladie sans toutefois garantir les chances de survie » Ariane Doucet-Michaud, CISSS du Bas-St-Laurent.

**J’ai perdu un fils en 2011. Né le 13 juillet et décédé le 13 août. Depuis, les « 13 » sont hautement symbolique pour mes enfants et moi.

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